63Die zeitgenössische Wahrnehmung der Befreiung von Paris in der Schweiz

 

 

Diplomatische Dokumente der Schweiz (Dodis)

 

Die Forschungsstelle Dodis ist ein Kompetenzzentrum für die Geschichte der schweizerischen Aussenpolitik und der internationalen Beziehungen der Schweiz seit der Gründung des Bundesstaates 1848. In diesem Rahmen betreibt Dodis Grundlagenforschung zur Zeitgeschichte.

 

Dokumente aus der Zeit vom 31.7. - 8.9.1944

 

31. Juli bis 23. August 1944 Verzeichnis

23. August bis 8. September 1944 Verzeichnis

1.8.1944 (Dienstag)
Le Ministre de Suisse à Londres, P. Ruegger, au Chef du Département politique, M. Pilet-Golaz
Renonciation à intervenir directement auprès du Général König pour que le maquis cesse de harceler la ligne de chemin de fer Marseille-Genève. Raisons politiques. Projet d’intervention indirecte par le truchement de la Croix-Rouge.
3.8.1944 (Donnerstag)
Le Délégué officieux du Conseil fédéral auprès du Gouvernement provisoire de la République française, E. Schlatter, au Département politique
Mécontentement des autorités gaullistes en raison de l’agrément de P. Morand comme Ambassadeur de France (représentant le régime de Vichy) à Berne.
10.8.1944 (Donnerstag)
Le Ministre de Suisse à Vichy, W. Stucki, au Chef du Département politique, M. Pilet-Golaz
Le Maréchal Pétain risque de quitter Vichy. Il convient d’envisager la fin de la représentation diplomatique de la Suisse à Vichy.
16.8.1944 (Mittwoch)
CONSEIL FÉDÉRAL Procès-verbal de la séance du 16 août 1944
Le Chef du DPF est autorisé à décider le rappel en Suisse du Ministre Stucki en poste à Vichy.
18.8.1944 (Freitag)
Compte-rendu d’un entretien entre le Chef de la Division de Police du Département de Justice et Police, H. Rothmund, et le Chef de la Mission en Suisse du Commissariat français aux Prisonniers, Déportés et Réfugiés, P. de Leusse
Entretien avec un délégué officieux de la France libre en Suisse: problèmes de l’association «Aide fraternelle», possibilité de faire transiter par la Suisse les évadés du «Service obligatoire du Travail», etc.
20.8.1944 (Sonntag)
Le Ministre de Suisse à Vichy, W. Stucki, au Chef du Département politique, M. Pilet-Golaz
Les Allemands ont brutalement obligé Pétain à quitter Vichy.
20.8.1944 (Sonntag)
Le Ministre de Suisse à Vichy, W. Stucki, au Chef du Département politique, M. Pilet-Golaz
Rapport sur les derniers jours du régime de Vichy.
22.8.1944 (Dienstag)
Le Gérant du Consulat de Suisse à Paris, R. Naville, au Chef de la Division des Affaires étrangères du Département politique, P. Bonna
Rapport sur la Libération de Paris, sur la protection des intérêts suisses et la représentation des intérêts étrangers.

Le Gérant du Consulat de Suisse à Paris, R. Navilie,

au Chef de la Division des Affaires étrangères

du Département politique, P. Bonna

1

RP

Paris, 22 août 1944

LA SITUATION À PARIS

Les dernières semaines vécues à Paris ont été marquées par des événements

qui se sont précipités d’une façon souvent inattendue et m ’ont mis dans certains

cas devant une situation particulièrement délicate.

Dès le 13 août, j ’ai été saisi par mon Collègue suédois2 qui m ’a fait part des

négociations qu’il avait entamées avec les autorités allemandes en vue de tenter

d’aboutir à un accord concernant la libération des détenus restés dans les pri­

sons de Fresnes, du Cherche-Midi ainsi que dans les Camps de Drancy, Com­

piègne et Romainville. Il était, en effet, à craindre que la Sicherheitspolizei qui

avait l’administration de ces établissements pénitenciers et de ces camps, ne se

livre, à la dernière heure, à des exécutions massives sur les personnes des déte­

nus politiques. Mon Collègue m ’ayant demandé mon appui dans les démarches

qu’il avait entreprises, j ’ai cru bon de lui donner l’assurance qu’en ce qui me

concernait, je m ’efforcerais, dans la mesure de mes moyens, de soutenir son

action. Il me paraissait, en effet, qu’en perspective de l’abandon prochain de

Paris par les troupes allemandes, les représentants des Puissances neutres

devaient, à tout prix, s’efforcer de provoquer une détente entre les Forces de la

Résistance française, qui se montraient de plus en plus actives, et les autorités

allemandes qui, si elles prenaient des mesures intransigeantes, devaient s’atten­

dre à de multiples représailles contre leurs propres ressortissants. Dans cet

esprit, je me suis mis en rapport avec l’Ambassade d’Allemagne pour lui signa­

ler tout l’intérêt qu’il y avait à ce qu’elle intervienne, de son côté, auprès du

Général Oberg, Chef des S D, pour lui exposer la gravité de la situation. Après

plusieurs interventions de mon Collègue suédois et grâce à notre action concer­

tée, un accord a pu être réalisé, aux termes duquel le Militärbefehlshaber in

Frankreich consentait à provoquer, sous certaines conditions, la libération de

tous les détenus se trouvant dans les Camps d’internement susmentionnés. Cet

accord fut paraphé le 15 août, au soir. On aboutit relativement rapidement à la

libération des détenus qui restaient à Fresnes, ainsi qu’à la remise du Camp de

Drancy entre les mains de la Croix-Rouge Française. Des difficultés surgirent

cependant à la dernière minute, le Commandant du Camp de Compiègne se

refusant d’exécuter les ordres transmis par le Militärbefehlshaber.

1.

Annotation de Pilet-Golaz en tête du document:

A la D

[ivision des

] A

[ffaires] Etrangères]

25.8.44.

2.

Raoul Nord ling, Consul de Suède à Paris.

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D ’autre part, 2400 détenus environ avaient été préalablem ent, le 15 août au

m atin, em barqués par la Sicherheitspolizei dans un train à destination de

l’Allemagne, sans q u ’il ait été possible de faire obstacle à ce départ. Selon les

renseignements que je possède, ce train serait parvenu dans des conditions très

pénibles ju sq u ’à la frontière allemande d ’A vricourt; depuis lors, sa trace a été

entièrement perdue. Je crois q u ’il serait opportun de signaler, le plus tôt possi­

ble, ce fait au Comité International de la Croix-Rouge à Genève, afin que son

délégué à Berlin puisse intervenir d ’urgence en vue de retrouver le train en ques­

tion. J ’ajoute que je crains q u ’il n ’y ait plus beaucoup de vivants parm i les

personnes transportées, dont beaucoup sont m ortes de faim et de soif. Q uant

au Camp de Compiègne, des négociations sont en cours.

Le 18 août, au m atin, je me suis rendu avec m on Collègue suédois au Camp

de Drancy, qui venait d ’être remis entre les mains de la Croix-Rouge Française,

les autorités allemandes ayant quitté les lieux le 17 au soir. L ’ordre règne,

en général, dans le Cam p. Toutefois, le comité israélite qui fonctionnait

ju sq u ’alors, avait été substitué par un autre Comité composé d ’éléments de la

Résistance française qui avait procédé à l’incarcération immédiate de certains

juifs considérés comme étant des «m outons». Avec m on Collègue, j ’ai

demandé que la légalité soit respectée et que les internés ne se livrent à aucune

voie de fait sur leurs coreligionnaires. Au cours de ma visite, j ’ai pu constater

la présence de trois ressortissants suisses que j ’ai im m édiatem ent fait rentrer

à Paris.

P ar ailleurs, le soir du même jo u r, au cours d ’une visite que j ’ai faite auprès

du Général von Schochlitz, G ouverneur militaire de Paris avec pleins pouvoirs,

j ’ai exposé à m on interlocuteur l’intérêt q u ’il y aurait à relâcher les soixante

femmes encore internées au Cam p de Romainville et qui, malgré les accords

intervenus, n ’avaient pas encore été libérées. A la suite de démarches parallèles

entreprises par mon Collègue suédois et moi-même, ces dernières furent élar­

gies dans la journée du lendemain.

Le vendredi 18 août, nous avons appris, dès le m atin, que M. Pierre Laval,

sollicité par M. Abetz, avait quitté Paris en raison de la situation, injonction à

laquelle, M. Laval se refusa tout d ’abord de se soum ettre. Cette question

donna lieu à l’échange de lettres dont je vous ai adressé des copies par ailleurs.

M. Laval fut contraint, en définitive, de quitter Paris avec les membres de son

Gouvernement pour se rendre à Belfort. Le Gouvernem ent n ’étant plus en

mesure d ’accomplir sa tâche, avait délégué ses pouvoirs aux Secrétaires géné­

raux ou à leurs directeurs les plus anciens, qui furent chargés d ’assurer l’intérim

des Secrétariats d ’E tat.

Le 19 août, la situation em pira considérablem ent dans la Capitale. En effet,

dès le m atin, les Forces françaises de l’Intérieur (F .F .I.) proclam èrent un état

insurrectionnel en invitant les Services publics à faire la grève générale, grève à

laquelle les forces de police s’étaient jointes depuis deux ou trois jours déjà.

Dès 10 heures du m atin, elles occupaient un certain nom bre d ’édifices publics

et de mairies. La Préfecture de la Seine, la Préfecture de Police et l’Hôtel-de-

Ville furent pris d ’assaut, alors que dans divers quartiers les postes de police et

les mairies furent également assaillis et occupés. Dans les abords immédiats du

Consulat, la fusillade crépita sans arrêt ju sq u ’au soir. Il était certain que cette

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situation ne pouvait pas se prolonger indéfiniment sans dégénérer en un mas­

sacre général, les troupes allemandes se trouvant encore en nombre dans la

ville.

Mon Collègue suédois m ’exposa, lors d’une entrevue, les grandes lignes d’un

plan tendant à amorcer les bases d ’un accord entre le Général von Schochlitz,

Gouverneur militaire de Paris, et les Forces de la Résistance française installées

à PHôtel-de-Ville. Il me demanda si, au cours de ces négociations, il pouvait

compter sur mon appui; je lui déclarais qu’en ce qui me concerne il m ’était

difficile d’agir à titre officiel, mais qu’il pouvait compter sur mon appui moral

dans un but purement humanitaire, sans que mon attitude puisse impliquer une

reconnaissance du Gouvernement provisoire actuellement en exercice. Ces dif­

férentes tractations - dont je fus tenu au courant heure par heure - se poursui­

virent durant toute la journée du samedi 19, durant laquelle la bagarre s’est

poursuivie à un rythme grandissant en différents quartiers de la ville; elles

aboutirent, en définitive, à la signature d ’un accord entre le Général von

Schochlitz et les membres du Gouvernement provisoire des F.F.I. - Les condi­

tions du Gouverneur militaire de Paris se résumèrent comme suit : les troupes

allemandes reconnaissent l’état de fait existant actuellement à Paris; renoncent

à prendre d ’assaut ou à mitrailler les bâtiments officiels occupés actuellement

par les F.F.I. - De son côté, le Général allemand demande que les prénommés

s’abstiennent de tirer sur les troupes allemandes. En outre, connaissant l’état

particulièrement grave du ravitaillement de la Capitale, il s’est déclaré prêt à

tenir à la disposition de la population des stocks de vivres qu’il détenait. Les

représentants du Gouvernement provisoire acceptèrent les bases de cet accord

et demandèrent toutefois que l’on insistât pour que le Gouverneur de Paris

renonce à faire passer ses troupes dans les grandes artères parisiennes et à faire

circuler les soldats dans les rues de la Capitale, afin d’éviter des incidents conti­

nuels dus au contact entre les troupes et la population. Cette dernière proposi­

tion, communiquée au Général von Schochlitz, ne put être acceptée pour des

raisons d ’ordre technique. L ’accord ayant été définitivement entériné, il fut

décidé que l’armistice intervenu serait porté à la connaissance de la population

par des haut-parleurs précédés d ’une voiture de police avec policiers en uni­

forme et suivis d’une voiture allemande. Cette diffusion commença le diman­

che 20 août, à 16 heures, et marqua le début d ’une détente.

Cet accord ne rencontra cependant pas l’entière approbation de certains

régiments de SS cantonnés à Vincennes, pas plus que celle des éléments commu­

nistes qui tiennent certains quartiers de la banlieue. L ’accord fut pratiquement

maintenu dans la journée de lundi; toutefois, la situation a tendance à s’aggra­

ver et les troubles ne vont pas tarder à recommencer en raison de l’approche des

Armées alliées. Il est certain que les éléments communistes s’efforcent, par tous

les moyens, de récréer le désordre dans la rue, sans doute, afin d’en profiter

pour essayer de saisir, le moment venu, le pouvoir. A l’heure actuelle, il est dif­

ficile de dire quel va être le dénouement de la situation. Il est à craindre, en

effet, à mesure que les heures passent, que la tension ne s’aggrave, les éléments

de désordre se sentant de plus en plus maîtres de la rue à mesure que le nombre

des effectifs allemands diminue dans la Capitale.

J ’ai l’impression toutefois que le Gouvernement provisoire peut tenir la

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situation si elle ne se prolonge pas outre mesure. J ’ajoute qu’un nouveau Préfet

de police a été désigné en remplacement de M. Bussière, qui a été consigné. Le

Préfet de la Seine a été de son côté arrêté. Un Commissaire du Gouvernement

provisoire français a également son siège à Paris. A mesure que les heures avan­

cent et que la Capitale se vide des troupes allemandes au bruit du canon et de

la mitraille, les édifices publics se couvrent de drapeaux tricolores, cependant

que chaque particulier se prépare à pavoiser ses fenêtres des couleurs fran­

çaises, américaines et anglaises. Il semble cependant qu’il peut bien se passer

trois ou quatre jours encore avant les débuts de l’ère de la prochaine occupation

alliée.

Protection des intérêts suisses

Il n’y a rien de particulier à noter concernant la Colonie. Certains éléments,

toutefois, qui avaient collaboré avec les Allemands, se sentant menacés, se sont

présentés au Consulat pour y chercher asile. Je leur ai conseillé de se cacher

chez des parents ou des amis. Un ou deux cas d’arrestations par les autorités

françaises m’ont été signalés; à la suite de mes interventions auprès des

Commissariats respectifs, ces mesures n’ont pas été maintenues.

Représentation des intérêts étrangers

Ainsi que j ’ai eu l’occasion de vous le signaler par ailleurs3, j ’ai été sollicité

presque conjointement, dès le 15 août, par les Ambassades d’Allemagne et

d’Italie et par le Consulat Général du Japon, en vue de reprendre en mains la

protection des immeubles officiels appartenant à ces pays.

En l’absence d’autres instructions, j ’ai cru devoir accepter ces propositions,

sous réserve de votre accord. Entre-temps, il m’a d’ailleurs été possible de com­

muniquer par radio avec la Section des Intérêts Etrangers qui m’a fait part de

son accord provisoire.

Dès le 17 août, le Ministre et le Consul Général d’Italie ayant quitté Paris,

j ’ai fait apposer des lettres de protection sur les immeubles appartenant au

Gouvernement italien. Le même jour, je recevais la visite d’une délégation

italienne s’intitulant «Comité de Libération Nationale» qui m’a exposé qu’en

raison de la situation exceptionnelle dans laquelle se trouve Paris, il y aurait

lieu de créer un groupement italien. Ce dernier, à son avis, devrait disposer

d’un local et m ’a demandé avec une certaine insistance de mettre à sa disposi­

tion les immeubles de l’Ambassade et du Consulat Général Royal d’Italie. J ’ai

répondu à mes interlocuteurs qu’il m ’était impossible de déférer à leur désir,

mais qu’en raison de la situation je pouvais éventuellement les autoriser à s’ins­

taller dans l’immeuble désaffecté sis 3, avenue de Villars. Je soulignais toute­

fois le fait que mon autorisation ne pouvait être accordée qu’à un groupement

ayant un caractère nettement privé, dépourvu de tout aspect politique. J ’ai fait

remarquer à mes visiteurs que les troupes allemandes se trouvaient encore à

3.

Cf.

E 2200/Paris/33/12.

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Paris et qu’il fallait éviter, à tout prix, de provoquer des incidents; il paraissait

donc préférable, dans l’intérêt même de la Colonie italienne, de constituer un

Comité d ’assistance et d’entraide qui exercerait son activité sous notre contrôle

jusqu’à l’arrivée des Armées alliées et d ’un fonctionnaire dûment mandaté par

le Gouvernement Royal. Cette solution qui était susceptible de mettre un terme

aux divers mouvements qui commençaient à se dessiner dans la Colonie ita­

lienne, m ’a donc semblé la préférable. J ’ajoute que la Colonie italienne de

Paris compte environ 140000 membres. Par ailleurs, afin de neutraliser com­

plètement les locaux de l’Ambassade et du Consulat Général d ’Italie, j ’ai prié

les fonctionnaires qui exerçaient leur activité jusqu’alors et qui étaient à la

solde de l’ancien Gouvernement, de quitter les lieux; je les ai fait remplacer

provisoirement par du personnel suisse. Cette solution m ’est apparue égale­

ment judicieuse, l’Ambassade d’Italie se trouvant dans un lieu particulièrement

dangereux, à savoir à côté de l’Ambassade des Soviets et d’une institution pri­

vée italienne qui, peu de jours avant, avait été occupée par une nouvelle organi­

sation politique italienne. Cette neutralisation, dis-je, me paraissait d ’autant

plus indispensable que je savais que certains éléments troubles n ’auraient pas

hésité, profitant du désordre régnant dans la rue, d ’entreprendre un coup de

force contre la Mission diplomatique italienne.

En ce qui concerne le Japon, j ’ai également pris, comme vous le savez, sous

ma protection les immeubles officiels japonais.

Par ailleurs, dès le 20 août, au soir, M. Abetz m ’a envoyé un délégué me

faisant savoir que, quittant dans la soirée Paris, il me priait de prendre en

charge la protection des immeubles officiels du Reich.

Vu l’agitation régnant aux abords de la Rue de Lille, j ’ai préféré également

dans ce cas installer du personnel suisse dans les locaux de l’Ambassade; des

pannonceaux portant les armoiries de la Confédération ont été apposés sur les

portes. Craignant, d ’autre part, que le Gouvernement provisoire - ne se ren­

dant pas compte de la situation nouvellement créée - ne cherchât, au moment

du départ des troupes allemandes, d ’occuper les locaux des trois pays que nous

représentons, je me suis vu contraint de me ménager une entrevue avec quel-

ques-uns de ses membres. Au cours de cette conversation, je m ’aperçus que la

question de l’occupation des locaux des Ambassades d’Allemagne et d ’Italie,

éventuellement par force, aurait pu se poser. Après une longue conversation,

je parvins à expliquer sans trop de peine à mes interlocuteurs l’intérêt qu’il y

avait à ce que notre protection soit intégralement respectée. Les intéressés

finirent par se ranger avec bonne grâce à mes vues.

Plusieurs éléments de la Garde de Paris tentèrent par la suite de pénétrer

dans certains immeubles des pays que nous représentons afin d ’en assurer la

protection. Je me suis vu dans la nécessité d ’intervenir immédiatement sur

place afin d’éviter tous nouveaux incidents. Le Préfet, sur mes instances,

donna les ordres nécessaires. Je le priai également de retirer des abords de tous

les Consulats et immeubles en question toutes les gardes, afin d ’éviter tout sujet

de friction possible avec les autorités d’occupation. En effet, un incident

regrettable s’était produit entre-temps devant l’immeuble de l’Ambassade des

Etats-Unis, incident que vous trouverez relaté dans le rapport ci-joint en

annexe.

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Ces quelques faits vous perm ettront d ’apprécier les difficultés auxquelles

nous nous heurtons durant cette période troublée en ce qui concerne la repré­

sentation des intérêts étrangers4.

4.

Cf. aussi le rapport de Naville du 4 septembre 1944

(E 2300 Paris/98

et

J 1.131/49).

Cf. aussi les télégrammes des 7 et 9 septembre 1944 de P. Ruegger au Département politique

(E 2001 (D) 3/65).

 

23.8.1944 (Mittwoch)
CONSEIL FÉDÉRAL Procès-verbal de la séance du 23 août 1944

Communiqué à la presse annonçant le rappel du Ministre de Suisse à Vichy. Intérêts suisses en France défendus par la Légation de Berlin.

 

CONSEIL FÉDÉRAL

Procès-verbal de la séance du 23 août 1944

1

1419. Com m uniqué über die V erhaftung des französischen Staatschefs

M arschall Pétain.

Politisches Departement. Mündlich

Das Politische D epartem ent legt folgendes Com m uniqué vor, welches vom

Bundesrate genehmigt wird und der Presse durch das Politische D epartem ent

zugestellt werden soll :

«Im Verlaufe der Sitzung vom 23. A ugust hat der Bundesrat von der T at­

sache Kenntnis genomm en, dass infolge der Erklärung von M arschall Pétain,

er sei mit Gewalt gezwungen worden, Vichy zu verlassen, und deshalb in die

Unmöglichkeit versetzt, seine Rechte als C hef des französischen Staates aus­

zuüben, die Mission der bei ihm akkreditierten schweizerischen G esandtschaft

gegenstandslos geworden ist.

Fortan ist die schweizerische G esandtschaft in Berlin mit der W ahrnehm ung

der schweizerischen Interessen in den von den deutschen Truppen besetzten

Gebieten Frankreichs beauftragt.

Der Botschafter Frankreichs, Paul M orand, seinerseits hat dem Politischen

D epartem ent bekanntgegeben, dass jede V erbindung mit M arschall Pétain und

Pierre Laval unterbrochen sei, und dass er infolgedessen seine Funktionen als

beendet betrachte. Vor seinem Abgang hat der Botschafter die Beamten der

Botschaft und der Konsulate gebeten, a u f ihren Posten zu verbleiben und

weiterhin die französischen Interessen w ahrzunehm en.»

1.

Absents: Stampfli et von Steiger.

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23 AOÛT 1944

ANNEXE

E 2300 Paris/97

Le Ministre de Suisse à Vichy, W. Stucki,

au Chef du Département politique, M. Pilet-Golaz

T

Vichy, 25 août 1944, 09h.30

(Reçu:

25 août, llh .0 0 , offen)

Nummer 40. Wir kommen zurück sobald:

1. Strassen frei sind;

2. meine unablässigen Bemühungen Vichy vor Blutvergiessen zu bewahren zu sicherem Erfolg

geführt hab en 2.

Beides dürfte noch einige Tage dauern, da hier ständig deutsche Truppen auf dem Durchmarsch

von Süden her.

Miliz hat Vichy als Plünderer und Verbrecher jeder Art verlassen, empfehle dringend unter

keinen Umständen solche Leute bei uns aufzunehmen.

Déat und Brinon sollen unterwegs nach der Schweiz sein3.

Hier alles ruhig, aber natürlich sehr ungeduldig und fiebrig.

2.

Ce passage du télégramme a été communiqué à la fem m e de W. Stucki.

3.

Pilet-Golaz a souligné ces deux dernières phrases et écrit en bas du document le 25 août:

Pas question de recevoir Déat et Brinon.

Pour milice ne devons pas la considérer comme faisant partie des forces armées, surtout que

le Gouvernement français (Pétain-Laval) avait décidé de la dissoudre.

 

Comme civils les miliciens n ’ont pas mérité l ’asyle [sic].

 

28.8.1944 (Montag)
Le Chef de la Division des Affaires étrangères du Département politique, P. Bonna, au Chef du Département politique, M. Pilet-Golaz 1

Vive agitation parmi les prisonniers de guerre évadés russes, qui voudraient gagner les régions françaises libérées à la frontière sud-ouest de la Suisse. Décision de ne point favoriser les partisans communistes français, mais de tolérer quelques départs symboliques pour faire patienter les restants.

28.8.1944 (Montag)
Le Chef de la Division des Affaires étrangères du Département politique, P. Bonna, au Ministre de Suisse à Washington, K. Bruggmann

Les journalistes anglo-saxons domiciliés en Suisse ont protesté contre la censure suisse. Les autorités fédérales minimisent la portée de cette démarche collective.

 

28.8.1944 (Montag)

Le Chef de la Section du Contentieux et des Intérêts privés à l'Étranger du Département politique, R. Kohli, au Chef du Département politique, M. Pilet-Golaz

Changements dans le fonctionnement du contre-blocus allemand provoqués par l’occupation de la Haute-Savoie et du Pays de Gex par les Forces françaises libres.

 

28.8.1944 (Montag)
Le Ministre de Suisse à Vichy, W. Stucki, au Chef du Département politique, M. Pilet-Golaz

Les Allemands ont quitté Vichy, qui est contrôlée par les F.F.I.

Le Ministre de Suisse à Vichy, W Stucki,

au Chef du Département politique, M. Pilet-Golaz

T

Vichy, 28 août 1944, l l h . 30

{Reçu:

28 août, 12h.00, offen)

Nummer 45. Dank meiner unablässigen1 Vermittlungstätigkeit hat sich der

Wechsel der Deutschen und die Übergabe an die F.F.I. ohne einen einzigen

Schuss und ohne ernsthaftere Zwischenfälle vollzogen.

Man hat mir und der Schweiz hiefür von allen Seiten Beteiligter in rührender

Weise gedankt, und die Stadt Vichy hat mich zum Ehrenbürger ernannt2.

Unsere Fahne wird überall bejubelt.

Da gestern Nachmittag auch die weitere Umgebung, namentlich Clermont-

Ferrand von allen deutschen Truppen geräumt wurde, ist meine Vermittlungs­

aktion beendigt, und ich warte für die Rückkehr nach der Schweiz einzig noch

auf genaueren Bericht über die Lage zwischen hier und Lyon. Habe zu diesem

Zweck heute früh Oberst de Blonay auf Erkundigung geschickt.

Nuntius wird mit uns kommen. Bitte dafür sorgen, dass man bei Grenzüber­

tritt auf Zollformalitäten verzichtet, da dies äusserst kompliziert und zeit­

raubend wäre3.

1.

Pilet-Golaz a souligné ce mot et a ajouté un point d ’exclamation dans la marge le 28 août.

2. Le 28 août 1944, la

Francisque du Maréchal Pétain

a été remise à W. Stucki(Cf.

J 1.131/69).

3.

Le lendemain, W. Stucki a adressé un télégramme (non reproduit) que Pilet-Golaz a commu­

niqué au Conseil fédéral lors de la séance du 30 août.

213

 

28.8.1944 (Montag)
Le Chef de la Division des Affaires étrangères du Département politique, P. Bonna, au Ministre de Suisse à Berlin, H. Frölicher

Informations sur les événements récents en France.

 

Le Chef de la Division des Affaires étrangères du

Département politique, P. Bonna,

au Ministre de Suisse à Berlin, H. Frôlicher

Copie

L

RJ

Berne, 28 août 1944

Nous avons eu l’honneur de recevoir le rapport du 23 a o û t1 par lequel vous

voulez bien nous rendre compte de l’entretien que vous avez eu avec le Secré­

taire d ’Etat aux Affaires étrangères au sujet de la prise en charge par votre

1.

Non reproduit. Pilet-Golat l’a visé le 25 août.

dodis.ch/47817

dodis.ch/47817

 

572 29 AOÛT 1944

Légation des intérêts suisses dans la partie de la France encore occupée par les

troupes allemandes, que la Légation de Suisse en France n’est plus en mesure

de sauvegarder puisque le Gouvernement auprès duquel elle était accréditée a

cessé de fonctionner. Nous vous en remercions très vivement.

Nous vous approuvons de vous être exprimé très franchement à cet égard

vis-à-vis de M. le Secrétaire d’Etat Steengracht et nous ne nous étonnons pas

outre mesure des objections formulées par votre interlocuteur. Elles provien­

nent sans doute de ce que l’on ne possédait pas encore à Berlin, le 23 août, les

informations que nous avions reçues. La situation a dû se modifier complète­

ment depuis lors, car le Ministre d’Allemagne à Berne, avec lequel le Chef du

Département Politique a eu, le 24 août, un long entretien2, a certainement

adressé un rapport à son Gouvernement.

M. Pilet-Golaz a donné notamment connaissance à M. Köcher du texte de la

lettre du 17 août3 par laquelle M. Laval a fait connaître à M. Abetz que s’il

était transporté de force à Vichy, il cesserait d’exercer ses fonctions. Vous

voudrez bien en trouver copie sous ce pli. Il lui a montré, d’autre part, la décla­

ration que le Maréchal Pétain a adressée le 20 août au Chef de l’Etat allemand

pour protester contre l’acte de violence qui le place dans l’impossibilité d’exer­

cer ses prérogatives de Chef de l’Etat français, déclaration dont vous trouverez

ci-jointe la photocopie4. Ces pièces ne permettent de conserver aucune illusion

sur la fiction selon laquelle il y aurait encore à Belfort un gouvernement fran­

çais avec lequel des missions diplomatiques pourraient traiter utilement.

Nous vous laissons le soin de faire usage de cette documentation pour insister

auprès de 1’Auswärtigen Amt afin que des facilités vous soient accordées pour

correspondre avec les Consulats de Suisse en France situés dans des régions

dont les Allemands conservent le contrôle, ainsi qu’avec nos compatriotes dans

ces régions.

 

2.

Cf.

E 2001 (D) 3/99.

3.

Non reproduite.

4. Non reproduite.

 

29.8.1944 (Dienstag)

L’Attaché militaire et de l’Air près la Légation de Suisse à Vichy, R. de Blonay, au Chef du Service de Renseignements et de Sécurité de r Etat-Major Général de l’Armée, R. Masson

Situation en France. La Légation de Suisse à Vichy protège des «grands blessés» allemands. Réunion à la Légation, sous la présidence de Stucki, des dirigeants FFI plus certains membres de l’ancien Gouvernement. Vichy libérée. Mission de la Légation suisse : éviter que les Allemands occupent à nouveau Vichy. Stucki s’offre en intermédiaire entre les FFI et les Allemands. Rapport d’une mission effectuée à Lyon par le Colonel EMG de Blonay.

 

 

L ’Attaché militaire et de l’Air près la Légation de Suisse à Vichy,

R. de Blonay, au Chef du Service de Renseignements et de Sécurité de

VEtat-Major Général de l’Armée, R. Masson

R

Vichy, 29 août 1944

A mon retour de Suisse, j’ai eu l’occasion d’apprendre par M. le Ministre

STUCKI qu’il avait vu d’une part le Général allemand von BRODOWSKI,

Commandant à Clermont, et le Comité dirigeant régional des F.F.I. quelque

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part dans le Massif central. Ce dernier avait demandé à M. Stucki d ’intervenir

dans la mesure du possible pour éviter qu’il se passe à Vichy des incidents

sanglants.

Dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24, tous les éléments allemands qui

étaient restés à Vichy, soit en particulier la Gestapo, avaient quitté les lieux

mais avaient été partiellement remplacés par des détachements de S.S. amenant

du matériel. Il s’agissait de troupes qui venaient du Sud du Massif central, par

Clermont-Ferrand et Thiers, ainsi que de Chateauroux. Au cours de l’après-

midi du jeudi, un autre détachement S.S. assez im portant est venu cantonner

à Vichy.

D ’ordre de mon Ministre, j ’ai pris contact avec son Commandant, le Colo­

nel KRÄMER, pour lui offrir le cas échéant l’entremise de la Légation de

Suisse. Cet officier m ’a alors prié d ’annoncer sa visite à M. Stucki pour le

lendemain matin, soit vendredi le 25 août. Il n ’est effectivement venu que le

lendemain après-midi ainsi que deux médecins allemands qui venaient deman­

der la sauvegarde de grands blessés victimes d’un engagement très sanglant qui

avait eu lieu à Thiers entre S.S. et F .F .I.

Le Ministre de Suisse s’est déclaré d’accord de prendre sous sa protection les

blessés qui répondraient nettement aux caractéristiques de «grands blessés»

suivant la Convention de La Haye.

Au cours de la nuit du 25 au 26 août, la colonne du Colonel Krämer qui sta­

tionnait en partie devant certains de nos bureaux, a été alerté vers minuit. Elle

a déchargé pêle-mêle en pleine rue et au bord des trottoirs, une quantité de

matériel lourd comprenant aussi bien des munitions que des vivres, des groupes

électrogènes, etc. etc.

La colonne est ensuite partie en direction de Moulins en laissant dans un

désordre indescriptible une très grande quantité de matériel parmi lequel se

trouvaient même des voitures et des camions hors d’usage. Au cours d’un enga­

gement entre Allemands, il y a eu quatre morts.

Dès l’aube la population de Vichy, à commencer par la police, s’est livrée à

un pillage irraisonné et l’on voyait des quantités de gens partir avec des objets

d ’aucune utilité pour eux.

Entre-temps, on avait appris qu’une colonne allemande semblait s’avancer

sur Vichy en provenance de Clermont-Ferrand. Le Ministre Stucki que

j ’accompagnais, s’est porté à sa rencontre afin d ’éviter si possible qu’elle ne

passe par Vichy.

Au cours de l’après-midi il y a eu une séance mémorable à la Légation de

Suisse, sous la présidence de M. Stucki, réunissant les dirigeants F.F.I. désirant

s’emparer de Vichy et certains éléments de l’ancien gouvernement qui déte­

naient jusqu’à ce jour le pouvoir. Dès ce moment Vichy était considéré comme

libéré et ce fut un pavoisement général.

Un peu plus tard on signala l’approche d ’une colonne allemande, ce qui fit

disparaître tous les drapeaux encore beaucoup plus vite qu’on les avait mis. Il

s’agissait toutefois là d ’un «bobard» comme il en courut des dizaines.

Au cours de la soirée du samedi 26 août, M. Stucki avait pris contact télé­

phoniquement avec les services du Général OTTENBACH à Clermont, qui

semblaient désirer son entremise en vue d’une capitulation éventuelle.

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30 AOÛT 1944

Comme entre-temps les communications téléphoniques avaient été inter­

rompues entre les deux villes, il ne parvint aucune réponse du Commandant

allemand. Dans ces conditions, M. Stucki me chargea au cours du dimanche

après-midi 27 août, de me rendre à Clermont-Ferrand pour prendre contact

avec les troupes allemandes. Vous trouverez en annexe mon rapport1 concer­

nant cette mission qui je crois s’avéra utile puisque les Allemands évitèrent de

passer par Vichy.

Le lundi 28 août, M. Stucki fixa alors le départ de la Légation pour la Suisse

au mercredi 30, mais me chargea précédemment de me rendre à Lyon pour voir

les possibilités de passage. Vous prendrez en annexe connaissance de mon

rapport2 concernant ce voyage dont la conclusion fut que notre départ sera

retardé pour un certain temps.

1.

Non reproduit.

2. Non reproduit.

 

30.8.1944 (Mittwoch)
CONSEIL FÉDÉRAL Procès-verbal de la séance du 30 août 1944

Les membres de la Gestapo qui demandent à pouvoir entrer en Suisse, ne doivent pas, même s’ils sont en uniforme, être considérés comme appartenant à la Wehrmacht, mais comme des indésirables à refouler.

30.8.1944 (Mittwoch)
CONSEIL FÉDÉRAL Procès-verbal de la séance du 30 août 1944

Etat des négociations économiques et conclusion d’un accord économique avec les Alliés.

 

1.9.1944 (Freitag)
Schreiben (L) Anthony Eden [Britischer Aussenminister] an John G. Winant [US-Botschafter inLondon]

Diskussion über die Haltung, die Grossbritannien und USA gegenüber der Schweiz einnehmen wollen: Grossbritannien möchte nicht nicht allzu viel Druck ausüben, aus Angst, dass die diplomatischen Beziehungen der Schweiz zu Deutschland abbrechen könnten (und damit die Schweiz nicht mehr ihre Schutzmachtfunktion für Grossbritannien und die USA ausüben könnte).

 

1.9.1944 (Freitag)
Compte-rendu d’un entretien au sujet des réfugiés français

Entretien de Rothmund avec un représentant officieux de la France gaulliste en Suisse: problèmes du rapatriement des réfugiés et du transit des déportés libérés en Allemagne.

 

1.9.1944 (Freitag)
Le Ministre de Suisse à Vichy, W. Stucki, au Chef du Département politique, M. Pilet-Golaz

Récit détaillé des événements qui ont précédé l’occupation de Vichy par les F.F.I.

 

*.9.1944
Exposé du Chef du Département politique, M. Pilet-Golaz, lors de la séance du 12 septembre 1944 de la Commission des Affaires étrangères du Conseil national
Exposé de Pilet-Golaz sur les problèmes de politique étrangère.

 


Edgar Bonjour Geschichte der Schweizerischen Neutralität

 

Nördling

 

J.R. v. Salis: Weltchronik 1939-45

Stucki, W.:
Von Pétain zur Vierten Republik: Vichy 1944.

Ein Dokument aktiver Neutralität, 1947, Lang Bern

 

NZZ und Bund und Nationalzeitung August 1944